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Bienfaisance volontaire institutionnelle

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Le XIXe siècle privilégiera donc la bienfaisance volontaire, s’appuyant sur l’initiative individuelle, qui pousse nombre d’individus, riches ou non, à donner et agir pour le bien du prochain. Celle-ci s’exerce de multiples façons. Il existe tout d’abord une charité quotidienne et directe, informelle, loin de tout cadre institutionnel et de tradition immémoriale : c’est l’aumône individuelle. On la retrouve à tous les niveaux de la société : si elle constitue un devoir traditionnel de la noblesse, bourgeois et même paysans, pourvu qu’ils aient quelque bien, donnent aussi aux pauvres et aux nécessiteux, à condition qu’ils soient connus et ne figurent pas au rang de ces mendiants et vagabonds que l’on réprouve. Cependant, la bienfaisance se dirige de façon croissante au cours du siècle vers des institutions qui médiatisent l’assistance. Traditionnelles, comme les hôpitaux et hospices, issus de l’Ancien Régime, ou plus novatrices, comme les associations philanthropiques, souvent spécialisées, qui pratiquent la visite à domicile et s’efforcent de promouvoir la dimension éducative de la charité.

Demande de secours, 1905, 3 X 24

Toutes ces institutions sont animées par des notables, hommes et femmes d’œuvres, clercs, mais aussi de façon croissante laïcs, qui « vont aux pauvres » pour des raisons diverses : le désir d’assurer le salut de son âme, l’amour d’autrui, la volonté d’améliorer la concorde sociale ou de faire progresser la condition humaine côtoient le souci de la distinction, celui de moraliser des comportements parfois déviants par rapport aux normes dominantes (alcoolisme, fécondité hors mariage…) et une volonté évidente de contrôle social et politique : nombre d’entre eux soutiennent ainsi, par leur action philanthropique, le régime en place contre les troubles sociaux toujours possibles dans les classes populaires, voire la sédition révolutionnaire. Ces personnalités bienfaisantes peuplent les archives rassemblées dans la série X et constituent les acteurs les plus visibles de la protection sociale au XIXe siècle, les pauvres s’effaçant bien souvent derrière leur parole, la seule qui permette d’entrevoir ces derniers. On les retrouve aussi bien dans les commissions administratives des hôpitaux et des bureaux de bienfaisance que dans les innombrables œuvres privées d’assistance ou bien encore à la tête de nombre de sociétés de secours mutuels (SSM) ou des Caisses d’Epargne.

A l’exception de ces institutions, de prévoyance, nombre d’entreprises privées n’ont toutefois laissé que peu de traces de leurs activités et celles-ci devront être, le plus souvent, recherchées en dehors de la série X. L’essentiel de celle-ci relève, on l’a dit, des institutions publiques. Ces dernières ne sont pas négligeables et elles jouent même un rôle important dans le paysage de la protection sociale tout au long du siècle. Les principales sont l’hôpital (sous-série 1 X) et le bureau de bienfaisance (sous-série 2 X), qui s’occupe des secours à domicile, d’une part, le service des enfants assistés (sous-série 3 X) d’autre part. On trouvera une présentation rapide de chacun d’entre eux plus loin. Voyons quelles sont les caractéristiques générales de cette assistance publique.

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