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Assistance publique

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Recettes du bureau de bienfaisance de Lavaur en 1920, 2 X 598

Tout d’abord, elle est peu développée : sous le Second Empire, au moment où l’on peut effectuer les premières enquêtes statistiques sérieuses, le pays entier entretient environ 120 000 personnes et un million et demi d’individus passent par an par les bureaux de bienfaisance, ce qui ne représente que 5 % de la population totale (D. Dessertine, O. Faure, « Assistance traditionnelle, assistance nouvelle : coût et financement (1850-1940) », in De la Charité médiévale à la Sécurité sociale, A. Gueslin, P. Guillaume (dir.), Paris, Les éds. Ouvrières, 1992, p. 139-151.). Cette assistance publique limitée est destinée prioritairement aux enfants (l’assistance à l’enfance représente une part importante de la sous-série 3 X.) Le nombre d’enfants assistés double d’ailleurs sur le siècle. Les hôpitaux, dans leur ensemble, n’accueillent jamais autant de malades que les services d’enfants doivent surveiller de « pupilles » (D. Dessertine, O. Faure, « Assistance traditionnelle, assistance nouvelle : coût et financement (1850-1940) », in De la Charité médiévale à la Sécurité sociale, A. Gueslin, P. Guillaume (dir.), Paris, Les éds. Ouvrières, 1992, p. 140.). Par contre, ils absorbent l’essentiel des budgets de la bienfaisance publique, de l’ordre de deux tiers, entre le Second Empire et le Front Populaire. L’aide reçue par les assistés est faible, d’autre part : en nature ou en argent, les bénéficiaires des bureaux de bienfaisance ne reçoivent, dans la première décennie du Second Empire, que 10 à 20 francs de secours par an, soit l’équivalent de dix à quinze jours de « minimum vital » (D. Dessertine, O. Faure, « Assistance traditionnelle, assistance nouvelle : coût et financement (1850-1940) », in De la Charité médiévale à la Sécurité sociale, A. Gueslin, P. Guillaume (dir.), Paris, Les éds. Ouvrières, 1992, p. 141.). Cette aide est faiblement médicalisée enfin : si les malades représentent une part importante de la population assistée, notamment dans les hôpitaux, l’essentiel des dépenses de ces derniers est absorbée par l’alimentation et l’entretien des pensionnaires, non par les médicaments. Ce n’est pas avant l’extrême fin du siècle, voire après la Première Guerre mondiale, que les hôpitaux entameront la révolution qui fera d’eux en quelques décennies les lieux d’exercice d’une médecine de pointe.

 

Legs au bureau de bienfaisance de Castres en 1834, 2 X 429

 

 

 

Le financement de l’assistance publique est assuré d’abord par le produit du patrimoine des institutions : c’est particulièrement vrai pour les établissements hospitaliers, qui tirent entre la moitié et les deux tiers de leurs recettes de leurs biens propres. Les bureaux de bienfaisance, pour leur part, comptent essentiellement sur le produit de la générosité du public, dons et legs principalement. Seule l’assistance aux enfants et aux aliénés est majoritairement financée par des fonds publics dès le début du siècle. Cette abstention générale est le reflet de l’attitude circonspecte des élites vis-à-vis d’une assistance d’Etat. On la retrouve dans le domaine de la gestion, hôpitaux et bureaux de bienfaisance étant administrés par des commissions et conseils constitués des mêmes notables issus de la société civile que les organisations charitables et non de fonctionnaires, en un temps où n’existe aucune administration sociale à proprement parler (La Direction de l’Assistance publique n’est créée qu’en 1886 au sein du Ministère de l’Intérieur).

 

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